SKYNYRD NATION in HELLFEST 15 Juin 2012
(photos : Jeff Lescene)


 
En arrivant sur le site du Hellfest et en pensant que je venais y voir Lynyrd Skynyrd, j'ai eu une pensée forte pour Ronnie Van Zant... Je me disais que si (de là-haut) il peut toujours constater les choses du présent, il doit quand même être sacrément bluffé, le célèbre ''Rebel'' des seventies. Lynyrd Skynyrd... Son groupe, "toujours là" en 2012 et programmé dans un festival métal de grande envergure dont la plupart du public et des musicos n'étaient pas nés lorsque Lynyrd Skynyrd a conquis ses lettres de noblesse ! Malheureusement lui même (Ronnie) n'aura pas eu le temps de goûter à ce plaisir. Je me disais donc que tout ça véhiculait un certain mérite quand même, mérite qui inévitablement lui revient en partie. Je me disais aussi qu'il pourrait être sacrément fier du travail accompli à l'époque pour transformer un petit groupe formé entre jeunes potes sortis du collège en un méga groupe de l'histoire du Rock !

 

A l'annonce de la programmation de Skynyrd au Hellfest, je reconnais avoir hésité l'espace d'un petit moment avant de me décider. Même si j'ai un certain respect musical pour le Hard Rock, ce n'est pas forcément évident d'apprécier ses héros dans ce type de contexte (énorme !) surtout après les avoir vus plusieurs fois en quasi-intimité sur la Simple Man Cruise. Mais très vite la logique a repris le dessus et il m'était impossible moralement d'imaginer Lynyrd Skynyrd jouer en France et que je reste à la maison. Il y aurait incontestablement quelque chose de déconnant voir d'incohérent chez moi... Et puis finalement, j'ai super bien apprécié. Certes je ne peux pas prétendre que j'avais déjà entendu parler de 90% des groupes Métal programmés au Hellfest, mais quoiqu'il en soit c'est du haut niveau. Je dirais même que, contrairement à certaines idées reçues (simplistes!), techniquement c'est parfois même très impressionnant !
Alors nous voilà donc arrivésdans la charmante petite ville de Clisson, et là c'est incroyable… Il est 11 h du mat' et on a l'impression d'un nouveau Woodstock... Ça déboule de tous les côtés, des centaines de festivaliers prennent la direction du site en marchant, sans oublier l'arrêt incontournable et inévitable au supermarché (Leclerc pour le citer !). Déjà là je reste pantois et interrogatif en constatant la ruée dans les rayons... Ho la la... C'est vraiment impressionnant, et je ne crois vraiment pas que le patron du lieu regrette cette belle déferlante humaine ! Ha ha ha !


Bref… Après avoir choppé tant bien que mal une place pour garer le véhicule à environ 2km de l'entrée
(c'est pas mal car les parkings officiels sont souvent bien plus loin !), je prends donc "ma place dans le trafic" et me retrouve alors moi aussi direction la ruée vers l'or. C'est pas de tout repos (surtout avec un carton de 25 kg de BOD sur l'épaule...), mais l'ambiance est géniale... Je suis encore "mort de rire" en voyant les mecs devant moi partir en direction du Festival avec des brouettes ou des énormes poubelles remplies de cannettes de bière (probablement plusieurs centaines !), ou bien le cubi de vin du pays sur l'épaule. Il faut reconnaitre que l'événement véhicule aussi un coté hyper festif... Ceci dit, ça fait vraiment plaisir de voir ces milliers de gens venir faire la fête sans la moindre agressivité!... Paradoxalement il y a des événements où le public est sûrement moins excessif, mais où la mentalité devrait s'inspirer de l'atmosphère du Hellfest !
Lorsque nous entrons sur le site, je suis vraiment impressionné par la grandeur de l'événement : c'est immense et (a priori) hyper bien organisé. J'ai la chance d'avoir (grâce à Bands of Dixie et Road to Jacksonville) un pass press qui doit logiquement me permettre de rencontrer quelqu'un de Skynyrd dans l'après midi ! A ce sujet ,je me permets un remerciement particulier à Olivier Garnier (Réplica record) et à Karine Sancho (Warner) qui ont vraiment respecté les deux supports cités en faisant leur maximum pour nous donner accès aux interviews !


 
Après une petite restauration (bien nécessaire) et quelques rencontres sympas avec les passionnés habituels du Southern Rock en France... (si ils sont abonnés à BOD ou lisent RTJ (?), ils se reconnaitront logiquement, sinon il faut réparer cette erreur au plus tôt !). Il n'est encore que 15h lorsque Molly Hatchet investit la scène appelée Mainstage N°1 du Hellfest. Le groupe ne bénéficie que de 40 minutes pour prouver qu'il mérite encore et toujours le respect des officionados Rock et Hard. D'emblée on constate malheureusement l'absence de John Galvin (ces derniers temps, Molly Hatchet se produit parfois sans clavier -?-) et d'où je suis placé le groupe ne bénéficie pas d'un son très avantageux (peut- être était-ce différent à d'autres endroits ?). D'emblée Bobby et Phil essayent d'imposer le groupe avec "Whiskey Man". Levé haut vers le ciel encore bleu à ce moment de l'après midi (where the skies are so blue... logique !), le drapeau confédéré des amis Gibus et Christophe semble donner du "punch" aux lascars de Molly Hatchet,
un plaisir qui se constate sur le visage de Dave Hlubek lorsqu'il enchaîne avec l'intro de Bounty Hunter. Incontestablement ça rassure de voir Dave en meilleure forme physique... Le batteur actuel remplaçant de Shawn Beamer (toujours pas totalement rétabli de son problème cardiaque) assure de manière très sobre
et correcte le travail qui lui est demandé ! Un set raccourci qui passera bien entendu par l'essentiel avec les incontournables "Gator Country", "Fall Of The Peacemakers", "Dreams I'll Never See", et "Flirtin With Disaster" bien évidement. Alors en fonction des goûts de chacun, on pourra peut être penser que "Justice" n'était pas indispensable (vu sa longueur !) et qu'à la place Molly aurait pu placer deux titres (voir trois), genre "Down From The Moutain", "Why Won't You Take Me Home", ou "Jukin' City", mais bon … Ce genre de morceau ne s'improvise pas non plus comme ça sur simple souhait ! Bref… Une prestation correcte du
Molly actuel, mais qui, je n'en doute pas un instant , peut faire beaucoup mieux !


Un petit tour au carré Press-Vip me permet de saluer Bobby Ingram et de prendre connaissance des derniers détails pour l'interview de Skynyrd. J'apprends à ce moment-là que les choses risquent d'être difficile car le groupe a du retard (coincé dans les embouteillages !) et que la rencontre va être limitée dans le temps... Humm... Il faut s'adapter aux circonstances comme on dit !
Prévus en conférence de presse à 18h45, c'est finalement aux alentours de 19h25 que Gary Rossington, Johnny Van Zant, et Rickey Medlocke entrent dans la salle. Un parterre d'une quarantaine de journalistes (ou de gens qui écrivent sur le Net !) applaudissent leur arrivée. Johnny et Gary ont le sourire, Rickey, lui, ne semble pas de très bonne humeur… (ça arrive à tout le monde, c'est humain !)
Les questions commencent, difficile de bien les apprécier car le son des groupes qui jouent à l'extérieur n'est pas totalement absent de la salle, et de plus… Un orage assez violent s'abat sur le Hellfest et donc résonne terriblement sur le toit au-dessus de nous !



On retiendra quand même quelques passages comme... (à voir sur la vidéo !)
N'étant pas vraiment en avance (le show de Skynyrd devant commencer à 20h30 !), la conférence sera limitée et les 3 piliers du groupe quitteront la salle au bout de 10 ou 12 minutes. C'est là que je compris que ce serait très dur d'avoir quelques mots de Rickey comme prévu ! Je n'avais plus vraiment le choix que de "tenter un coup de poker" en demandant à Olivier Garnier (Replica records) qui gérait ce moment de communication de Skynyrd , de transmettre directement aux intéressés dans leur loges quelques BOD's avec Skynyrd en couverture en leur redemandant de nous accorder quelques mots …
La réflexion dura un petit 1/4 d'heure et finalement nous avons vu arriver Johnny Van Zant qui acceptait de nous dire quelques mots. J'ai beaucoup apprécié la gentillesse et le respect que Johnny a pour les gens comme nous, il sait faire l'effort pour trouver une petite dispo même lorsque le timing du groupe est un peu perturbé … (Ça fait toujours plaisir !).


Alors bien sûr ce fut assez court : juste le temps de poser 7 ou 8 questions sur les 25 prévues (voir la vidéo) que déjà la gentille attachée de presse nous invita à conclure, demande que nous avons bien sûr comprise vu que Johnny Van Zant devait se retrouver sur scène une vingtaine de minutes plus tard !
Une rencontre qui fait toujours énormément plaisir, même si évidement elle contribue aussi (hélas) à nous positionner très loin de la scène pour le concert puisque le public a déjà pris place devant la scène depuis plus de 1h30. Pas grave… Il faut aussi savoir apprécier les choses à leur juste valeur, et c'est donc à quelques mètres de la table de mixage (donc globalement à 70 m de la scène) que je vais regarder le show de Skynyrd ! Et franchement, dès les premiers accords de Workin for MCA, je suis impressionné par le son, vraiment super bien. C'est là qu'on se rend compte qu'on peut apprécier des concerts différemment, soit avoir la chance de le voir de très près, soit bénéficier d'un son hyper bien mixé et maîtrisé!...
Dans un premier temps j'ai les yeux un peu fixés sur Johnny Colt, le bassiste ex- Black Crowes qui remplace l'excellent Robert Kearns... Musicalement pas de problème, c'est une pointure le monsieur... Même si l'attitude globale et le jeu au médiator m'incitent inévitablement à établir la comparaison avec Robert...,
et je ne cacherais pas ma préférence pour mister Kearns, mais tout ça est très personnel et
très subjectif bien entendu !


La set-list du concert est bien entendu basée sur les classiques du Skynyrd seventies, excepté ''Skynyrd Nation'', qui devient progressivement un titre indispensable du show Skynyrd ! Les "What's your name", ''Saturday Night Special", ''That Smell", etc... sont interprétés avec une grande qualité, et comme en plus la qualité sonore est elle aussi bien présente, c'est gagné sur toute la ligne!... Un petit medley avec des passages de "Gimme Back My Bullets'', ''Whiskey Rock'n Roller" et ''The Needle And The Spoon'' sera bien apprécié et précédera le magnifique final que le Hellfest a voulu donner à Lynyrd Skynyrd, et là franchement ce fut grand … Si je devais retenir qu'un seul moment de ce vendredi 15 juin 2012, c'est bien l'énorme ovation que Skynyrd reçut de l'ensemble des jeunes "métalleux" (métalleux dans le sens respectable). Franchement c'était vraiment magnifique. Moi je regardais partout autour de moi et j'avais des frissons de voir tous ces jeunes chanter (voire hurler) "Sweet Home Alabama", ça ne fait pas de mal de constater de temps en temps que les idées reçues ne sont pas forcément toutes fondées ! Et sur ce coup-là je dirais aux jeunes "Bravo les mecs"... Nous les anciens, nous devrions peut-être parfois nous inspirer aussi de votre ouverture d'esprit !
Et lorsque Johnny Van Zant lança le devenu incontournable : "What song is it you wanna hear?'',
j'ai l'impression que toute la petite ville de Clisson a imaginé un instant un petit tremblement de terre tellement la réponse générale "Freebird" fut d'une incroyable puissance... Ho la la... Grosse émotion !


Comme d'habitude, la boule à facettes brillante tourna pendant le chorus d'anthologie et l'ensemble
du groupe revint saluer et recueillir une standing ovation qui de toute évidence leur fit un grand plaisir.
Comme d'hab' les discussions qui suivirent dans le public portèrent sur la qualité du concert.
Tout le monde semblait unanime sur le constat : c'était vraiment un grand moment !
Il était temps pour nous de reprendre la route (sorry Megadeth !) non sans avoir pris une dernière
"petite mousse" avec les amis, et là encore je compris que Skynyrd ne laissait pas indifférent, même pour un public aux goûts musicaux très différents, j'en veux pour preuve ce jeune hardos qui vint me voir et qui me confia avoir pleuré pendant tout ''Freebird''... Un peu étonné je lui demandai sa raison... Il me répondit : "Je ne sais pas... Mais mes parents écoutaient toujours ce morceau" ! Pas besoin d'en rajouter !... Je l'ai salué en lui exprimant toute ma sincérité et l'appréciation que j'avais ressenti lorsqu'il m'a interpellé !


Un jour au Hellfest pas vraiment banal pour les fans de Southern Rock !

John Molet


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